Paris. Vendredi 26 juillet 2024.
On nous avait promis une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques exceptionnelle. Elle le sera à bien des égards.
Au cours de la soirée, les tableaux se succèdent mettant pleinement en valeur la beauté de Paris et multipliant les références à la culture française. La recherche esthétique est indéniable. La soirée mélange les styles avec brio, allie modernité et tradition, solennité et burlesque. L’émotion est palpable à bien des moments, même derrière son écran de télévision… Bouleversant les codes, la France se révèle métissée, avant-gardiste et inclusive. Un fameux pied de nez à l’extrême-droite !
Mais la cérémonie a été malheureusement tout aussi exceptionnelle pour les polémiques qu’elle a créées et le déferlement de haine qu’elle a suscité. Cyberharcèlement, homophobie, grossophobie, menaces de mort… Le metteur en scène Thomas Jolly et la DJ militante féministe et lesbienne Barbara Butch en sont notamment les cibles.
Comment un spectacle qui se voulait une ode à l’amour et à la tolérance devient-il pour certains de ses protagonistes un réceptacle de haine ?
La banalisation des discours haineux et diffamatoires, sur la toile et dans l’espace public, est une réalité. Les politiques conservateurs et extrémistes ont renforcé l’acceptation de ces propos. Aujourd’hui, on peut tout dire ou presque…
La réaction du Pape François il y a quelques jours regrettant l’offense aux chrétiens interpelle aussi… d’autant que les références dans la (s)cène incriminée étaient mythologiques et non catholiques.
La liberté de création artistique ne risque-t-elle pas finalement d’être mise en péril pour des questions religieuses et politiques ? Et par là même, ne mettons-nous pas en danger notre démocratie ?
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